Cet article est rédigé par Jeannine Ritchot, sous-ministre adjointe, Secteur des communications et du portefeuille, Ressources naturelles Canada.
Je n'ai pas grandi en tant que jeune fille dans les Prairies canadiennes en rêvant un jour de diriger les efforts du gouvernement du Canada en matière de coopération internationale en matière de réglementation.
Je ne suis pas non plus allé à l'université dans le but de présider un jour le Comité des politiques de réglementation de l'Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), ce que j'ai fait en 2019. Pourtant, lorsque je me suis lancé dans une carrière de réglementation en 2010, je savais que je avait trouvé ma vocation.
Tu veux écrire pour nous? Jetez un œil au guide d' Apolitical pour les contributeurs
Après tout, nous sommes touchés chaque jour de multiples façons par la réglementation. De la nourriture que nous mangeons au carburant que nous mettons dans nos voitures, en passant par les règles qui garantissent que les institutions financières agissent de manière responsable avec nos économies, les réglementations protègent notre santé , notre sûreté, notre sécurité, notre bien-être social et économique.
Si l'un des rôles fondamentaux de la réglementation est la protection, une bonne réglementation doit également soutenir une économie juste et compétitive. Lorsque les entreprises prospèrent, les citoyens prospèrent. C'est pourquoi une analyse réfléchie est nécessaire pour concevoir de bonnes réglementations qui équilibrent un certain nombre d'intérêts stratégiques: protéger les citoyens et l' environnement , permettre l'innovation sur le marché, promouvoir le commerce international et favoriser la croissance économique.
Une bonne réglementation ne peut pas non plus être développée dans un silo. Engagement significatif avec les partenaires clés, tels que les homologues internationaux; et les parties prenantes, telles que les entreprises et les citoyens que nous réglementons, est essentielle pour que les régulateurs aient accès aux données , aux informations et aux connaissances nécessaires pour concevoir des instruments stratégiques fondés sur des preuves qui servent l'intérêt public.
Voyez-vous vos homologues comme des alliés ou des adversaires?
Afin que nous puissions concevoir et gérer stratégiquement une réglementation efficace, la coopération réglementaire est indispensable. Si vous êtes novice dans ce domaine, la coopération réglementaire est un processus visant à réduire les différences d'approches réglementaires - c'est-à-dire exigeant des informations différentes sur les étiquettes des produits - entre les juridictions.
Pourquoi est-ce important? Parce que ces différences ne signifient pas nécessairement une meilleure protection des citoyens. Mais ils signifient une augmentation des coûts pour les entreprises qui souhaitent accéder à plusieurs marchés, qui sont à leur tour transmis aux consommateurs. À l'ère des chaînes d'approvisionnement mondiales, ces différences créent des obstacles au commerce et à la croissance économique, ce qui n'est dans l'intérêt stratégique d'aucun pays.
Si les entreprises veulent réussir, elles ne peuvent pas le faire si elles mettent sur le marché des produits nocifs. De même, j'ai commencé à comprendre qu'une réglementation qui crée des obstacles à la libre circulation des marchandises à travers les frontières a des conséquences économiques négatives; dont les effets sont ressentis par les citoyens
Je dois admettre que lorsque j'ai entamé ma carrière en réglementation, je n'ai pas vu l'intérêt de travailler avec des partenaires internationaux dans la conception ou la mise en œuvre de réglementations. À l'instar de nombreux organismes de réglementation, j'ai profondément ressenti ma responsabilité de protéger les citoyens et je me suis convaincu que le contexte canadien était si unique qu'il exigeait une solution faite au Canada. Je n'ai pas non plus toujours fait confiance aux parties prenantes - en particulier à l'industrie. J'ai supposé que l'industrie n'était intéressée que par le profit. Cela m'a mis en place pour des conversations contradictoires et contre-productives qui m'ont finalement laissé frustré et stagné des projets importants.
Au fur et à mesure que j'ai acquis de l'expérience, j'ai commencé à voir plus de valeur dans le travail avec les autres. J'ai réalisé que je partageais souvent des objectifs similaires avec mes parties prenantes. Si les entreprises veulent réussir, elles ne peuvent pas le faire si elles mettent sur le marché des produits nocifs. De même, j'ai commencé à comprendre qu'une réglementation qui crée des obstacles à la libre circulation des marchandises à travers les frontières a des conséquences économiques négatives; dont les effets sont ressentis par les citoyens. Sans oublier que mes collègues internationaux ont souvent été confrontés à des défis similaires lors de la réglementation, et grâce au dialogue, nous pourrions apprendre des expériences de chacun. Ces réalisations m'ont permis de voir un engagement significatif avec les partenaires et les intervenants internationaux comme un ingrédient clé dans la conception de résultats positifs pour les citoyens et les entreprises canadiens.
Créer l'opportunité d'échanges d'idées et de données francs, ouverts et significatifs entre les régulateurs et les parties prenantes crée les conditions nécessaires à une analyse stratégique et à un changement positif. Cela a été bénéfique pour les citoyens, les entreprises et les économies
Au cours des trois ans et demi que j'ai dirigé les efforts de coopération réglementaire du gouvernement du Canada, j'ai travaillé en étroite collaboration avec mes homologues internationaux (principalement aux États-Unis et dans l'UE) pour réduire les différences dans la façon dont nos juridictions respectives réglementent les produits. Ensemble, nous avons réussi à résoudre de nombreux irritants. Par exemple, en 2017, le Canada a lancé un projet pilote permettant aux écrans solaires américains d'entrer au Canada sans être mis en quarantaine et testés une deuxième fois à la frontière. On estime que cela permettra à l'industrie des produits de santé grand public d'économiser 100 000 $ par année par produit de protection solaire. Ce projet pilote a connu un tel succès qu'il a ensuite été étendu aux écrans solaires de l'UE.
Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui montrent ce qui est possible lorsque des collègues investissent dans un dialogue significatif avec les parties prenantes et travaillent ensemble pour entreprendre l'analyse stratégique nécessaire pour comprendre les impacts de nos décisions réglementaires. Grâce aux tables officielles de coopération réglementaire du Canada avec les États-Unis et l'UE, nous avons réuni les intervenants et les organismes de réglementation pour de véritables discussions. Les régulateurs ont entendu les parties réglementées de première main parler de l'impact de leurs approches différentes. Les parties prenantes ont fourni des données et des preuves que les régulateurs n'auraient peut-être jamais envisagées.
Créer l'opportunité d'échanges d'idées et de données francs, ouverts et significatifs entre les régulateurs et les parties prenantes crée les conditions nécessaires à une analyse stratégique et à un changement positif. Cela a été bénéfique pour les citoyens, les entreprises et les économies.
3 conseils pour impliquer les partenaires et les parties prenantes
Il y a un peu plus de six mois, j'ai assumé un nouveau rôle de sous-ministre adjoint des Communications et du Secteur du portefeuille à Ressources naturelles Canada. Ce n’est pas un rôle de réglementation, donc je ne m’engage plus aussi activement avec les parties prenantes et les homologues internationaux que jadis. Je sais cependant que la compréhension des points de vue des intervenants et des principaux partenaires est nécessaire si je veux donner mes meilleurs conseils stratégiques à mon gouvernement. Quel que soit le rôle que je vais assumer ensuite, il y a des leçons précieuses sur le travail positif avec les parties prenantes que je prendrai toujours avec moi. Je voudrais terminer en partageant ces derniers avec vous.
Le premier est d'être toujours honnête. Il y a des moments où vous serez en désaccord avec une partie prenante ou un partenaire. Ils peuvent avoir une demande à laquelle vous ne pouvez pas répondre. Ce n'est pas grave, tant que vous êtes franc à ce sujet. Cela évitera à tout le monde de dépenser de l'énergie sur un problème impossible à résoudre.
La seconde est de ne pas tomber dans le piège de supposer que vous et un intervenant - ou un collègue, d'ailleurs - êtes des côtés opposés d'un problème. S'établir comme un adversaire signifie que vous serez des adversaires. Restez ouvert à la possibilité que vous partagiez un objectif similaire, même si ce n'est pas immédiatement apparent et même si vous n'êtes pas d'accord sur toutes les étapes pour y arriver.
Et enfin, soyez toujours ouvert à une nouvelle voie, même si l'idée n'est pas la vôtre. En tant que fonctionnaires, nous avons des emplois importants pour rendre le monde meilleur pour les citoyens de nos pays. Mais nous n'avons pas le monopole des bonnes idées. En travaillant avec les parties prenantes et d'autres collègues externes, nous sommes exposés à des informations qui peuvent nous aider à élaborer de meilleures politiques. Après tout, n'est-ce pas là la fonction publique? - Jeannine Ritchot
Nous voulons savoir ce que vous pensez de cet article. Envoyez-nous un article ou envoyez vos commentaires à hello@apolitical.co
(Crédit photo: Unsplash)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour continuer la conversation