Cet article est rédigé par Saskia Wallerlei, modélisatrice et planificatrice socio-économique.


  • Le problème : un manque de mécanismes inclusifs et communs pour les modalités d’inscription, de sélection et de paiement dans les différentes dispositions de protection sociale.
  • Pourquoi c'est important : L'absence de mécanismes inclusifs et communs dans la mise en œuvre des dispositions de protection sociale entraîne une inefficacité et, par conséquent, une perte de fonds destinés à financer ces dispositions.
  • La solution : Pour réduire et prévenir les inefficacités des systèmes de protection sociale et améliorer la rentabilité, il est important d’améliorer l’inscription et la sélection parmi les différentes dispositions de protection sociale en adaptant des procédures administratives simplifiées, tout en exploitant la technologie numérique.

Pour donner un bref aperçu des lois et réglementations liées à la protection sociale , le Suriname a mis en place des dispositions de protection sociale non contributives et contributives pour les personnes éligibles appartenant à des catégories spécifiques du cycle de vie, notamment les familles avec enfants, les personnes handicapées, les chômeurs et les personnes âgées. Les dispositions en place visent à remédier aux vulnérabilités telles que la pauvreté, l'invalidité, la maternité/paternité, la maladie, le chômage et les accidents du travail. Pour illustrer ces domaines plus en profondeur :

Dispositions non contributives

Dans le domaine des prestations non contributives – qui sont principalement financées par les recettes fiscales de l’État – on peut distinguer :

  • Assistance sociale, composée de :

  • Transferts sociaux, à savoir transferts en espèces tels que les allocations familiales générales, l'aide financière aux personnes handicapées et aux ménages vulnérables et une allocation de vieillesse, qui sont fournis respectivement par le ministère des Affaires sociales et du Logement et sa branche de travail, le Fonds général de prévoyance pour la vieillesse. . Les bourses, les fonds et le financement des études sont fournis par le ministère de l'Éducation, des Sciences et de la Culture. Ceux-ci prennent parfois la forme de transferts en nature tels que des vêtements scolaires, des sacs, des fournitures et de la nourriture. Ceux-ci sont fournis par les ministères des Affaires sociales et du Logement et de l'Éducation, des Sciences et de la Culture. Les soins maternels et infantiles et les préparations instantanées sont assurés par les hôpitaux publics et le service de santé régional, qui sont les organes opérationnels du ministère de la Santé.

  • Des dispenses de frais d'éducation et d'assurance maladie de base pour les enfants âgés de 0 à 16 ans et pour les personnes âgées de 60 ans et plus sont accordées par l'intermédiaire des ministères de l'Éducation, des Sciences et de la Culture, ainsi que des Affaires sociales et du Logement. L'assurance maladie de base est également disponible pour les personnes âgées de 17 à 59 ans par l'intermédiaire du ministère des Affaires sociales et du Logement. La décision de payer la prime pour cette tranche d'âge est prise sur la base du résultat d'un test de richesse effectué par l'organisme chargé de la mise en œuvre des soins de base. Cet organisme examine si les candidats à l'assurance maladie de base peuvent ou non payer eux-mêmes la prime.

  • Subventions sur le gaz de cuisine à travers le subventionnement de la business unit OGANE 1 . Également sur le carburant 2 , grâce aux fonds que le ministère des Finances et du Plan verse aux compagnies pétrolières et d'électricité en subventionnant la société énergétique publique NV EBS, qui dépend du ministère des Ressources naturelles et de l'Énergie.

  • Les services sociaux, par exemple, sont des soins à domicile pour les malades et les personnes âgées, et le transport médical est assuré par le ministère des Affaires sociales et du Logement.

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Dispositions contributives

En matière de régimes contributifs — qui sont financés par des cotisations versées en partie par l'État et les employeurs du secteur privé et en partie par les bénéficiaires — on peut distinguer :

  • Assurance sociale, composée de :

  • L'assurance maladie pour les fonctionnaires et les personnes assimilées est assurée par le Fonds national de santé, une compagnie d'assurance maladie publique qui dépend du ministère de la Santé, et pour les travailleurs du secteur privé, elle est principalement assurée par des compagnies d'assurance privées.

  • L'assurance pension de vieillesse pour les retraités de 60 ans et plus du secteur public est assurée par le Fonds de pension du Suriname, qui relève du ministère des Finances et de la Planification, et pour les retraités de 60 ans et plus du secteur privé par l'intermédiaire de fonds de pension privés ou du fonds de pension général.

  • Politiques et interventions sur le marché du travail consistant en :

  • _Politiques actives du marché du travail _ axées sur les services de partage du travail, de formation et de recherche d'emploi fournis par le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Jeunesse par l'intermédiaire de ses services, tels que la Fondation pour la mobilisation et le développement de la main-d'œuvre, le Centre de formation hôtelière et touristique du Suriname. et Fondation des unités de travail productives.

  • Des politiques passives du marché du travail se sont concentrées sur la mise en place et l'application de lois et de réglementations dans des domaines tels que le salaire minimum (horaire), le congé de maternité/paternité, le chômage, l'invalidité et les accidents du travail, toutes mises en œuvre par le biais du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Jeunesse.

Financement et couverture de la protection sociale

Faire une estimation du déficit financier en matière de protection sociale au cours de la période que nous avons analysée (les années 2018-2020) s'est avéré être un défi en raison de données détaillées incomplètes sur le financement et la couverture dans les cinq domaines sociaux (enfants, personnes handicapées, maternité). , les personnes âgées et les chômeurs) et les soins de santé essentiels, y compris la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile ; les maladies infectieuses et les maladies non transmissibles, ainsi que la capacité et l’accès aux services. La figure 1.1 (ci-dessous) donne une idée de la couverture en matière de transferts monétaires pour les enfants, les personnes âgées et les ménages vulnérables. Ce n'est que dans le cas de l'allocation de vieillesse non contributive que la couverture est proche de 100 %.

Graphique 1.1 Couverture de la protection sociale 3 Graphique 1.1 Couverture de la protection sociale Suriname

Source : Fonds national de santé, PFS, Fonds 4 OAA et ministères des Affaires sociales et du logement et des Finances et de la Planification.

Il est important d’aborder le problème des données incomplètes puisqu’il est nécessaire de pouvoir calculer l’écart financier dans les cinq domaines sociaux distingués à des fins politiques.

Défis, goulots d’étranglement et réforme de la gestion des finances publiques (GFP)

En ce qui concerne la GFP en général et spécifiquement la protection sociale au Suriname, il existe différents défis et goulots d'étranglement en matière de budgétisation, de mise en œuvre et de suivi et évaluation.

Grâce au BRI, le ministère des Affaires sociales et du Logement est désormais en mesure d'analyser les informations sur les transferts financiers d'une simple pression sur un bouton.

Dans la budgétisation , l'argent n'est pas lié aux résultats et aux résultats, et les ressources pour la protection sociale sont allouées à différentes agences gouvernementales — en plus de celles responsables de la protection sociale au Suriname, avec dans certains cas des objectifs, des activités et des groupes cibles qui se chevauchent. Cela peut généralement être attribué à des raisons politiques, par exemple la concurrence entre différents groupes pour des ressources limitées, qui se traduit par des dépenses et occupe un espace budgétaire qui peut être réaffecté, par exemple, pour financer des initiatives de protection sociale adaptées aux enfants. Lorsqu’on s’efforce d’accélérer l’extension de la protection sociale, il est important de décourager les régimes fragmentés et, ce faisant, d’améliorer le rapport coût-efficacité des programmes de protection sociale.

En ce qui concerne la mise en œuvre , les mécanismes d'inscription, de sélection et les modalités de paiement ne sont pas inclusifs et communs aux différentes dispositions de protection sociale, ce qui entraîne une inefficacité et donc une perte de fonds destinés à financer ces dispositions. Pour réduire ou prévenir ce problème et améliorer la rentabilité, il est important d’améliorer l’inscription et la sélection parmi les différentes dispositions de protection sociale en adaptant des procédures administratives simplifiées tout en exploitant la technologie numérique .

Dans le cas du suivi et de l'évaluation , les informations requises – par exemple les informations sur la performance administrative non financière – sont parfois absentes ou généralement pas disponibles sous la forme nécessaire. Il est donc important de mettre en place des systèmes communs de gestion de l’information dans plusieurs programmes afin de réduire les chevauchements coûteux et d’améliorer la transparence et la responsabilité.

Révolutionner les services grâce à la numérisation

En 2021, le ministère des Affaires sociales et du Logement a entamé la numérisation des services destinés aux groupes cibles en développant et en mettant en service un système d'information sur les bénéficiaires (BIS). L'objectif de ce système était de numériser le processus de demande d'aide sociale tout en donnant la possibilité aux bénéficiaires de suivre l'état de leur demande. Grâce au BRI, le ministère des Affaires sociales et du Logement est désormais en mesure d'analyser les informations sur les transferts financiers d'une simple pression sur un bouton. Cela contribue à améliorer le suivi et l’évaluation des différentes dispositions financières.

La même année, afin d'améliorer le paiement des transferts en espèces tels que les allocations familiales générales, l'aide financière aux ménages vulnérables et aux personnes handicapées et l'allocation de vieillesse, le ministère des Affaires sociales et du Logement a fait le premier pas vers l'inclusion financière en allant des paiements en espèces aux paiements sans numéraire. L'objectif de cette transition était de transférer tous les avantages financiers via un système de carte de débit (numérisation) sans que les acteurs aient besoin d'ouvrir ou de posséder un compte bancaire, ce qui leur permettrait d'accéder plus facilement aux fonds.


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