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Dans le but d'atteindre son objectif de réduction des émissions d'au moins 55 % d'ici 2030, l'UE a introduit la première taxe carbone aux frontières au monde, officiellement connue sous le nom de mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM). Le nouveau règlement imposera un tarif sur certains biens importés de pays non membres de l'UE avec des politiques environnementales moins strictes, plaçant ainsi un prix sur les émissions de carbone associées à la production de ces biens.

CBAM vise à s'attaquer au problème des fuites de carbone, qui se produit lorsque les entreprises délocalisent leur production à fortes émissions à l'étranger pour échapper aux politiques environnementales nationales, telles que le système d'échange de quotas d'émission de l'UE. CBAM est donc une tentative de l'un des plus grands blocs commerciaux du monde d'uniformiser les règles du jeu et d'inciter les producteurs et économies étrangers à adopter une action climatique plus ambitieuse. Il entrera en vigueur le 1er octobre 2023 avec une période de transition et sera pleinement opérationnel à partir du 1er janvier 2026. Les biens réglementés au cours de la première période sont considérés comme ayant les émissions et les risques de fuite de carbone les plus élevés. Il s'agit notamment du ciment, du fer, de l'acier, de l'aluminium, des engrais et de l'électricité.

Bien que le CBAM représente une étape audacieuse vers l'alignement du commerce mondial sur les objectifs de réduction des émissions, il soulève également des questions cruciales concernant la justice climatique. Dans le cadre de ce mécanisme, les pays à faible revenu pourraient faire face à une pression importante pour transformer rapidement leurs industries afin de répondre aux normes environnementales de l'UE. De telles transformations pourraient être particulièrement difficiles, étant donné que les pays à faible revenu manquent souvent des ressources et des infrastructures nécessaires. De plus, ces pays ont historiquement peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre tout en supportant le poids des impacts du changement climatique. Pour répondre à ces préoccupations en matière d'équité, des mesures telles qu'une introduction progressive du CBAM avec des exemptions initiales et une tarification différenciée pour les pays à faible revenu pourraient alléger les charges économiques à court terme, tandis que les transferts de technologie et le renforcement des capacités des pays à revenu élevé pourraient aider leurs homologues à faible revenu à adopter des méthodes de production plus propres à long terme. En outre, les pays à revenu élevé respectant, voire dépassant, leurs engagements de l'Accord de Paris pour mobiliser des financements climatiques pourraient fournir des ressources cruciales aux pays à faible revenu pour passer à une économie à faible émission de carbone.

Pensez-vous que CBAM est le grand égalisateur pour le commerce et l'action climatique, ou va-t-il perpétuer l'injustice climatique ? Faites le nous savoir dans les commentaires.


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(Crédit image : Unsplash)